Archives expositions personnelles France

Archives expositions personnelles (S)

Michel Séméniako arpente, de nuit, paysages et architectures, et les révèle à l’aide du faisceau de ses lampes torches depuis 1980. Pratiquant des temps d’exposition très longs, il se déplace, sans jamais apparaître, dans l’espace photographié qu’il éclaire à la torche électrique. En redessinant des contours fictifs, en multipliant les directions d’ombre et de lumière, il sculpte des volumes qui transposent les objets et les paysages dans un univers onirique où les frontières entre visible et invisible, où réel et imaginaire s’entremêlent. Depuis 1995, Michel Séméniako pratique la couleur en plaçant des filtres colorés devant sa source de lumière. Ce jeu donne aux objets la beauté des choses imaginées mais jamais vues. Il révèle par la couleur la vie intérieure des choses, et des paysages, le chuchotement du monde.

En 2015, à l’occasion de l’année de la lumière, il a été invité par la ville de Bressuire à photographier la communauté de communes.


Note d’intention de Michel Séméniako


Bressuire, nuits chromatiques est une proposition de flânerie nocturne dans la ville.

J’ai réalisé ce travail photographique d’interprétation de l’espace urbain en éclairant les lieux et les objets à l’aide de faisceaux colorés de lampes torches.

La mise en lumière et en couleur du paysage de Bressuire revisité de nuit a pour moi une fonction essentielle : celle d’exprimer l’esprit des lieux tel que je l’ai ressenti.


L’ombre, la nuit

L’ombre nous dit le passage du temps, elle est l’image de la lumière au travail.La nuit, le temps du paysage est suspendu, c'est le moment où la part trouble de l'obscurité estompe les certitudes de la lumière. Notre vision défaillante ne perçoit qu'à grand peine les indices du réel. La nuit charge notre environnement de mystère et de fiction.

La "cérémonie" de la prise de vue peut alors commencer. J'interviens en éclairant avec une lampe torche les objets durant de longs temps d’exposition. C'est comme si j'appelais chacun d'eux à comparaître sur scène. Je me les approprie en révélant leurs formes, leurs structures, leurs textures. J’en appelle à l’imaginaire magique de l’enfance, mais aussi aux origines de la photographie (écrire avec la lumière).


La lumière

L’interaction de la lumière avec la matière nous donne à voir le monde, elle nous donne aussi à le penser. Elle nous connecte à l’univers. Toute lumière perçue étant analysée par le cerveau est sujette à diverses interprétations.

Platon pensait que la lumière était faite de rayons partant de l’oeil pour aller palper les objets. Déjà, pour lui, la lumière plus qu’un phénomène physique, était un mode cognitif mettant l’homme en relation avec la matière.

La lumière que je projette vers les objets (la lampe étant la métaphore des rayons de Platon), semble émaner de l'objet même qui devient lumière, il n'est pas montré, il se révèle.

L'image contient la durée de cette action, elle accumule de longs temps de mise en lumière, sans enregistrer ma présence. Mon invisibilité confère aux lieux un pouvoir frictionnel, une invitation à se réapproprier le quotidien.


La couleur

Depuis 1995, je pratique la couleur en plaçant des filtres colorés devant ma source de lumière.

Le noir et blanc pouvait rapprocher mon travail de celui du dessinateur, mon approche de la couleur se réfère plus à la peinture et à la musique qui partagent un langage commun fait de tons, de gammes, de matière et de rythmes.

La transparence de la lumière et la saturation des teintes prennent le pas sur l’opacité. Elles ne sont plus consubstantielles de la matière des objets, elles nous disent qu’il est possible de changer les couleurs du monde.

L’image propose sa partition, à chaque spectateur d’en faire son interprétation.

« L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible » Paul Klee




  Michel Séméniako, Bressuire, nuits chromatiques
  Chapelle Saint-Cyprien, Bressuire

  10.10 - 01.11.2015

Communiqué de presse


Avec cette exposition, dans ce lieu unique qu’est la Chapelle Saint-Cyprien à Bressuire, Michel Séméniako propose un voyage insolite au coeur de Bressuire, de la cité médiévale en passant par les quartiers populaires et les communes déléguées. Michel Séméniako ouvre les portes d’un autre univers. Celui d’un décor pourtant familier qui, sous l’objectif du photographe, se transforme, s’émerveille, s’illumine... le spectacle est unique.


En immersion nocturne dans les ruelles étroites de Bressuire, le visiteur, par la grâce des lumières colorées de Michel Séméniako, explore le mystère et l’imaginaire des lieux. Tous les aspects de la ville et de ses alentours sont représentés au travers des photographies réalisées lors des deux résidences de l’artiste au sein de la ville durant les mois de mars et mai 2015.

Autour de l’art de Michel Séméniako, l’exposition se veut explicite de la richesse architecturale, patrimoniale, associative, économique de la ville de Bressuire. L’artiste, grâce à sa technique de ligth painting, dévoile le bressuirais comme on ne l’avait jamais vu, au coeur de la Chapelle Saint-Cyprien.































































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Exposition du 10 octobre au 1er novembre 2015. Chapelle Saint-Cyprien, 62 rue du Père – 79300 Bressuire. Ouverture les samedis et dimanches de 14h à 18h.









Michel Séméniako, Bressuire, nuits chromatiques

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