Luc Schuiten,  Cités végétales, un autre possible
  La Sucrière, Lyon
  27.04 - 27.06.2010


Communiqué de presse


La Sucrière, à Lyon, présente Cités végétales, un autre possible, exposition conçue par l’architecte belge Luc Schuiten qui consacre l’essentiel de ses recherches à la ville de demain en mettant l’accent sur les potentiels du biomimétisme, "l’art de s’inspirer de la nature pour innover". Visionnaire, ludique et poétique, pédagogique et scientifique, l’exposition sollicite l’imaginaire pour faire rêver, tout en anticipant avec réalisme sur le futur de villes métamorphosées par le végétal.

Luc Schuitten, Archiborescence


Dessins, maquettes, films d’animation ou de reportage, explorent l’avenir et la transformation radicale des villes et de leur habitat par l'utilisation du vivant comme matériau de construction.

Précurseur en matière d’écologie, Luc Schuiten mène depuis les années 80, une réflexion prospective — dans le contexte de raréfaction des ressources énergétiques - sur ce que pourrait être LA ville du futur. Ses recherches - des villes durables, écologiques, en harmonie avec la nature et le vivant, où l’homme serait en symbiose avec son espace de vie— ont croisé les préoccupations de l’agglomération lyonnaise, bien consciente que l’épuisement des ressources planétaires rend caducs à très court terme les modèles en cours et implique une modification radicale des comportements.


Destinée à un large public de “7 à 77 ans”, l’exposition déroule sur 4000 m² un parcours initiatique à travers des cités végétales aux structures archiborescentes. Dans l’étonnant futur imaginé par Luc Schuiten, se révèle la mutation progressive des villes et l'émergence des nouveaux savoirs qui permettraient leur transformation vers des cités biomimétiques.

Surprenant, enchanteur, le parcours conduira le visiteur de la prise de conscience des années 70 aux villes végétales - Urbacanyon, Cité des habitarbres, Cité tressée, Cité des Tours, Cité des Vagues - en passant par les études sur l’évolution de l’urbanisme de 1850 à 2150, les visions sur les modes de transports terrestres et aériens. Voir les pages :

Imaginer comment bâtir une ville harmonieuse en 2100, anticiper sur les formes possibles d’habitat et de fonctionnement urbains pour faire aujourd’hui les bons choix, telle est la question que se sont posés l’agglomération lyonnaise et le musée des Confluences.

Quelle direction choisir pour la ville en 2100, quelle relation entre l’homme et son environnement à l’heure de changements climatiques et énergétiques qui impactent l’avenir, alors même que les ressources planétaires s’épuisent plus vite que le temps que les hommes leur laissent pour se régénérer?  


Acteurs politiques et culturels majeurs, conscients de l’impact des choix actuels de développement sur l’avenir de la ville et donc sur le citoyen, le Département du Rhône, l’Agence d’urbanisme de Lyon et le Musée des Confluences ont invité l’architecte Luc Schuiten à présenter à la Sucrière ses travaux sur la ville végétale. Ils lui ont aussi confié la mission de réfléchir au devenir de Lyon et de proposer sa vision de ce que pourrait être Lyon à l’horizon des années 2100.

Un avenir positif, original, qui réconcilie l’homme et la nature, s’esquisse sous le trait poétique, ironique, tendre et ludique de Luc Schuiten.

L’avenir écologique des villes et des habitats, préoccupation croissante des responsables, des professionnels et des citoyens est ainsi abordé sous un angle captivant.


Les cités végétales : un autre possible


Le vivant, matériau de construction du futur

L’architecte bruxellois Luc Schuiten estime que nous avons oublié notre état d’êtres biologiques installés sur une planète vivante. Le fruit de ses recherches dessine et décline un monde post industriel se construisant progressivement à travers des perspectives futuristes évoluant dans le temps. Une nouvelle symbiose apparaît alors entre l’homme et son environnement, images d’un futur inspiré par la collaboration de l’architecte avec des biologistes. Au fil de l’exposition se révèle sa vision positive, innovante, d’un avenir durable des villes par l'utilisation du vivant en tant que matériau de construction. Sous le crayon de l’artiste, les villes en mutation progressive se transforment en cités biomimétiques grâce à l’émergence de nouveaux savoirs. L’impérieuse nécessité de protéger et de régénérer l’environnement stimule l’imaginaire de Luc Schuiten pour élaborer des univers nouveaux, inventer d’autres modes de fonctionnement que ceux pratiqués aujourd’hui.


Interaction homme/nature

Luc Schuiten a choisi la représentation graphique pour développer son concept de Cités végétales, imaginant des villes qui se transforment dans le temps, des villes différentes selon le terroir, la population, le climat, l’environnement naturel. Dans ces univers, l’homme est en communication avec l’ordre naturel universel, dans un nouveau projet d’interaction avec la nature, capable de se régénérer. Le dessin est pour lui le moyen d’exprimer les valeurs de vie auxquelles il aspire à travers ce qu’il appelle les cités archiborescentes (contraction de architecture et arborescence), qui utilisent pour matériau toute forme d’organismes vivants ou inspirés du vivant.


L’architecte n’est jamais loin quand Luc Schuiten conçoit, à partir du réel, des cités en devenir, avec des séquences de mutation, permettant au visiteur de percevoir le futur, mais un futur intégré à un espace qui lui est familier. Ici à la Sucrière, c’est le quartier de la Part Dieu qui se transforme sous les yeux des visiteurs. Luc Schuiten propose "sa" vision du monde dans lequel il aimerait vivre, non pas celui dans lequel il est contraint de vivre, mais laisse libres les visiteurs d’y projeter leurs propres désirs. Son intuition d’appliquer au bâti certaines possibilités offertes par le vivant et les écosystèmes s’appuie scientifiquement sur la théorie du biomimétisme sur laquelle travaillent des biologistes de plus en plus nombreux.


Le biomimétisme

Le biomimétisme propose aux ingénieurs et designers de se tourner vers les biologistes pour leur demander conseil lorsqu’il faut résoudre un problème technologique ou simplement améliorer un produit ou processus existant. Le biologiste se pose alors la question suivante: "Quels sont les organismes confrontés au même problème et comment ont-ils fait pour le résoudre? ".

La nature peut apporter des solutions à trois niveaux différents, et l'inspiration peut trouver son origine dans:


L’objectif de Luc Schuiten n’est pas uniquement de convaincre mais de prouver qu’une menace n’est pas nécessairement une fatalité dès l’instant où chacun devient acteur de son devenir.

A travers le concept d’archiborescence, Luc Schuiten suggère une nouvelle manière de concevoir l’architecture et l’urbanisme. Sous le nom de Cités archiborescentes il décline cinq villes inspirées de la connaissance du vivant, sur des périodes et à des latitudes différentes:

Les moyens de déplacement dans la cité, partie intégrante de la problématique urbaine ont inspiré à Luc Schuiten des créations variées qui tiennent compte de la fin prévisible des réserves pétrolières et du nécessaire recours à d’autres énergies. Il joue notamment sur la légèreté pour économiser l’énergie.


Science et utopie

À partir du constat que le monde industriel, vieux de 200 ans, arrive en fin de cycle, et a épuisé les réserves naturelles de la terre, Luc Schuiten se pose la question des besoins humains et des moyens de les satisfaire. Aux visions négatives et anxiogènes d’une planète atteinte dans son intégrité par les agressions humaines, il oppose ses visions encore utopiques mais scientifiquement soutenues par les solutions amorcées par le biomimétisme qui propose de considérer la nature comme modèle, mesure et mentor.

La vision de Luc Schuiten est celle d’une mutation possible, maîtrisée et cohérente, menée par une humanité contrôlant sa destinée.

Aux antipodes des prévisions apocalyptiques du monde scientifique, Luc Schuiten nous montre un possible résolument optimiste d'un futur où nous aimerions tous vivre!

 Luc Schuiten,  Cités végétales, un autre possible

© ArtCatalyse / Marika Prévosto 2012. Tous droits réservés

Exposition du 27 avril au 27 juin 2010. La Sucrière, Les Docks, 47-49 quai Rambaud - 69002 Lyon. Tél.: +33 (0)4 78 95 86 79. Ouverture les mardi, mercredi, jeudi de 12h à 19h, vendredi de 12h à 22h, samedi de 12h à 19h, dimanche de 10h à 19h.

L'exposition est présentée par l'association Lyon 2010 en partenariat avec le Département et le Musée des Confluences.


Visions de Lyon 2100
Luc Schuiten mène une expérimentation sur le quartier de la Part-Dieu à partir de laquelle il élabore une vision prospective de Lyon à l’horizon 2100.
Les futurs architectes, étudiants en architecture à l'Ecole de Lyon, ont travaillé sur le quartier de la DOUA. Ils présentent leur propre vision de l’avenir, en contrepoint au travail mené avec Luc Schuiten en 2009.


Cités végétales : Petit lexique subjectif


Cité tressée (La)

Les habitats de cette cité sont constitués d’un maillage végétal produit par les racines d’un figuier étrangleur ayant poussé sur un arbre support. Celui-ci peut atteindre des hauteurs suffisantes pour concevoir des édifices élevés. La constitution de cet arbre, fait de racines soudées à chaque nouvelle intersection offre une structure stable et résistante à l’édification. Les parois extérieures des logements sont en biotextile, comparable à la substance du cocon des vers à soie ou à celle des toiles d’araignées. Ces matériaux semi-transparents peuvent également capter l’énergie solaire pour fournir l’énergie nécessaire au chauffage et à l’électricité.

La circulation dans la cité se fait par des passerelles surplombant la prairie sauvage, permettant ainsi aux cycles naturels de se poursuivre, de garder le sol meuble, d’irriguer et d’alimenter les arbres porteurs en nutriments provenant de la décomposition des déchets organiques.


Cité des Habitarbres (La)

La cité des habitarbres se développe dans un environnement forestier remodelé, adapté aux besoins d’un nouveau mode de vie. Les habitants n’y sont plus des consommateurs de nature, mais les acteurs d’un nouvel écosystème dont la gestion permet l’épanouissement de chacun et garantit une durée et une évolution à long terme de la cité. Les parois extérieures formant les façades des habitarbres sont constituées d’une peau à base de protéines translucides ou transparentes, inspirées de la chitine des ailes de libellules. Ces biotextiles souples et résistants sont de nature différente suivant leur emplacement. Les dalles de sol et les parois intérieures sont réalisées dans des techniques déjà connues de terre stabilisée au moyen de chaux, et armées de structures végétales. Ces sols constituent la masse thermique nécessaire au stockage de calories et à la rediffusion de la chaleur. La ventilation naturelle des édifices est calquée sur le modèle des termitières. L’éclairage nocturne des habitations est produit par bioluminescence en imitant le procédé utilisé par les vers luisants ou certains poissons abyssaux.


Sur la plus grande portion de territoire s’étend la jeune forêt en développement, sous la surveillance étroite d’architectes jardiniers. Enfin, dans la dernière partie se trouvent les arbres morts, en décomposition, dont l’humus sert à enrichir la terre des nouvelles forêts. Cette cité fonctionne comme un super organisme doté des caractéristiques d’autorégulation, d’homéostasie et de métabolisme. C’est un réseau complexe indissociable où les symbioses prennent une place primordiale. Les habitations se trouvent dans des immeubles, vagues orientées au Sud vers un plan d’eau situé en contrebas. Ces façades sont de grands capteurs solaires aux performances améliorées par la réflexion des rayons sur l’eau du lac.


Cité des Vagues (La)

Cette ville en mouvance se renouvelle en permanence en une lente progression autour d’un lac où la transhumance de ses habitants s’effectue au rythme de la durée de vie de la structure principale de la cité: l’arbre. La partie habitée de cette forêt urbaine occupe près d’un quart du pourtour du lac, le restant étant constitué d’une forêt arrivée à maturité, permettant l’aménagement de nouvelles édifications.


Sur la plus grande portion de territoire s’étend la jeune forêt en développement, sous la surveillance étroite d’architectes jardiniers. Enfin, dans la dernière partie se trouvent les arbres morts, en décomposition, dont l’humus sert à enrichir la terre des nouvelles forêts. Cette cité fonctionne comme un super organisme doté des caractéristiques d’autorégulation, d’homéostasie et de métabolisme. C’est un réseau complexe indissociable où les symbioses prennent une place primordiale. Les habitations se trouvent dans des immeubles, vagues orientées au Sud vers un plan d’eau situé en contrebas.

Ces façades sont de grands capteurs solaires aux performances améliorées par la réflexion des rayons sur l’eau du lac.


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