Gilles Saussier, L'île d'après
  galerie Zürcher, Paris
  16.05 - 27.06.2009

Communiqué de presse

 

Un sentiment de dépossession et de perte de terrain, un constat de destruction des formes singulières d'espace et de culture locale due aux ravages de la globalisation traversent la plupart des projets de Gilles Saussier. Ainsi des premières expériences photographiques sur l'île de Chatou, des interventions dans la vieille ville de Dhaka au Bangladesh ou dans les quartiers d'habitat populaire de Nantes qui, tous, traitent de reconfigurations urbaines ou territoriales. Comment les respecter et les réinventer ? Cette question courait déjà en filigrane lors de la précédente exposition de Gilles Saussier (2007) et dans le livre Studio Shakhari Bazar. Avec L'île d'après, Gilles Saussier poursuit sa réflexion sur la réappropriation de l'espace local à l'échelle de l'estuaire de la Loire dans le cadre d'Envers des villes, endroit des corps - dont un premier volet avait été exposé ici même en 2005.

 

Dans L'île d'après, une vidéo de 17 minutes (2006-2007), l'artiste se filme sur une île de Loire, lisant à voix haute le récit de l'enfance passée sur le fleuve d'un exploitant sablier d'Ancenis(1). Cette performance documentaire est une méditation sur la pérennité du lieu-dit. Elle désenfouit un imaginaire et une expérience de la perception propre aux sociétés insulaires(2) et fluviales et renoue ce faisant avec certaines figures allégoriques familières de l'oeuvre de Gilles Saussier : l'enfant du pays, les chasseurs, les habitants des îles fluviales... L'île d'après est présentée avec une autre performance, Le Gué, réalisée à Nantes sur le cours enterré d'une rivière entre l'Erdre et la Loire, en contrepoint d'une série de photographies extraites d'une enquête menée sur un SDF retrouvé mort en 2005 à Saint-Nazaire (Logé chez l'habitant).


(1) Itinéraire de Jean Bricard, Jean-Yves Petiteau et Isabelle Rolland, Interlope revue de l'Ecole Régionale des Beaux-Arts de Nantes, 1994.

(2) Ibid « Les îles ne sont pas seulement un envers du continent, elles autorisent par rapport à l'histoire une relation permanente d'altérité. Hors d'atteinte du remembrement ou de l'urbanisation, ces terres conservent des traces de l'enfance ».


Exposition du 16 mai au 27 juin 2009. Galerie Zürcher, 56 rue Chapon - 75003 Paris. Tél.: +33 (0)1 42 72 82 20. Ouverture du mardi au samedi de 12h à 19h.

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Gilles Saussier, L'île d'après Gilles Saussier, Envers des villes, endroit des corps, le Gué, 2007, vidéo sur DVD, 9' 5"

Gilles Saussier, Envers des villes, endroit des corps, le Gué, 2007, vidéo sur DVD, 9' 5"


Cette exposition est aussi l'occasion pour Gilles Saussier de remettre en jeu les portraits cartographiques de son premier projet Living in the fringe (1998), qui révélaient l'existence et les témoignages de millions de paysans sans terre peuplant les îles précaires du delta du Bengale et du cours du Brahmapoutre. Ils n'avaient jusqu'ici jamais été montrés en France.






Ci-contre : Gilles Saussier, série Living in the fringe (1998), courtesy de l'artiste et Galerie Zürcher


Gilles Saussier, série Living in the fringe (1998), courtesy de l'artiste et Galerie Zürcher

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